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Le mercredi 14 mars 2007 était un jour bien ensoleillé. Dans mon cas c’est une journée de récupération. Sans doute, l’envie de me balader bouillonnait fortement à l’intérieur de mon être. J’étais assoiffé de retrouver la pleine nature et de sortir de la vie citadine ne serait-ce qu’une après-midi. Mon esprit était inondé par le flux des tâches quotidiennes. L’impression d’être enveloppé dans la coquille virtuelle de mes tâches devenait de plus en plus réaliste. Mon coeur voulait retrouver la mélodie harmonieuse de ses battements en respirant de l’air pur. Que dois-je faire ? Certainement, aller faire un tour en marchant au parc tout près du quartier serait une bouffée d’oxygène vitale. J’ai longuement hésité de feuilleter mon agenda pour ne pas me surprendre par une tâche quotidienne supplémentaire. De mémoire, j’ai bien noté le 1er salon Artisanat et cultures de plaine commune, l’Usine le 14 mars 2007. Le lieu « Usine » me fait penser à un passage de la chanson « Lkhedma louzine s’Akham » du maître Lounis Aït Menguellette, artiste et poète de la chanson kabyle. Ce passage qu’on peut traduire par une expression « Métro boulot dodo » inspirée du recueil de poésie (Couleurs d'usine, paru 1951) de l’homme de lettres français Pierre Béarn (1902-2004). Rien que le sens du mot « Usine » me fait réfléchir aux tâches quotidiennes. Ce sens est complètement opposé à ce que j’envisageais de faire de ma journée : oublier les tâches quotidiennes et pouvoir se ressourcer. Cependant, mon intérêt à voir l’exposition de notre artiste Chaâbane Mesbah dans ce 1er salon art et culture de plaine commune a aussitôt mis fin à toutes mes cogitations. L’heure affichée sur ma montre indiquait que le salon a déjà commencé. Par conséquent, je suis parti instantanément en étant habité par un enthousiasme de retrouvaille avec mon ami l’artiste.
Le hasard a fait de telle sorte qu’une amie « Maria » d’Amérique latine m’accompagnait au cours de cette visite. A notre arrivée, nous avons rencontré Paul l’un des fondateurs de Franciade, association de production de céramiques et d’objets dérivés du patrimoine de Saint-Denis. Avec son accueil joyeux, il nous a orienté pour profiter davantage des animations en cours. A notre grande surprise, nos amis, Chaâbane et Slimane étaient précisément à l’entrée du salon en accueillant chaleureusement tout visiteur par la lumière rayonnante des toutes les œuvres gracieuses. Sous l’encadrement de Franciade, nos amis présentaient avec spiritualité le trésor de
Le salon est la première manifestation regroupant une vingtaine d’exposants qui ont su montrer leur talent, leur savoir-faire de qualité, de productions originales d’économie sociale et solidaire. Cette manifestation rentre dans le cadre de projet européen Equal, Territoire et patrimoines pour une économie partagée porté par Plaine Commune ayant pour objectifs : « Combattre les discriminations, réduire les inégalités pour une meilleure cohésion sociale »
La liste des exposants est riche et de pôles divers :
Pôle environnement, matière à savoir-faire :
Ces artistes étaient habités par leurs « métiers passion ». Le visiteur se sent vraiment comblé par les animations de tous ces savoir-faire et emporté par les histoires des objets exposés.
Mon amie de culture aztèque me disait : « Je me sens bienheureuse dans ce petit monde ». Les sourires des visiteurs me laissaient prédire que ce sentiment serait collectif. Dans ce monde où même un sans papier est invité, au même titre que les autres, pour réveiller en lui l’enfant artiste afin de le laisser grandir. L’égalité des chances dans ce monde miniature a donné naissance à une magnifique créature dont tous les visiteurs étaient enchantés d’être témoins. Le premier cri de cette créature restera marqué dans nos mémoires car il est venu du cœur. Ce cri exprimé en langue commune, universelle et respectueuse de la nature: « l’expression artistique ».
Ma visite était comme une lecture affamée d’un roman très passionnant. Avec un esprit d’équité, toutes les cultures avaient le droit à leur chapitre pour révéler leur savoir faire. La mienne avait l’honneur d’introduire les premières pages. Dans ce chapitre où la dextérité des bijoux de la femme kabyle était brillamment illustrée par les œuvres distinguées de notre ami Chaâbane. L’art de notre artiste consiste à reproduire des schémas, des sculptures,… en construisant essentiellement par le grain de sable et fil de fer. Ça nécessite un savoir-faire, du temps et surtout beaucoup de patience. Par souci de respecter le délai pour aller participer avec des œuvres aussi riche, Chaâbane a demandé de l’aide à nos amis Hamza et Slimane. L’artiste est reconnaissant de leur assistance très appréciable. Il a aussi beaucoup de gratitude à l’égard de l’encadrement de l’association Franciade pour leur excellente orientation.
Incontestablement, Chaâbane dans ce salon a montré en toute simplicité qu’il est révélateur de cultures et d’échange. En effet, par son art en exposant les bijoux kabyles, il a réussi à construire une passerelle d’échange entre sa région natale « Kabylie » et sa commune d’accueil « Saint-Denis ». Encore une fois, il n’arrête pas de nous surprendre par cette passerelle révélatrice de coopération interculturelle. A travers ce passage, notre artiste nous invite à aller encore plus loin pour ressusciter avec humilité les morts. En d’autres termes, avancer, tous ensemble, un pas de plus dans le monde de l’immortel.
A la tombée de la nuit, le salon était clôturé par une réception très conviviale. Notre amie Shanti nous a appelé à la sortie du salon car elle était en déplacement en Inde dans le cadre professionnel. Elle était frustrée de ne pas pouvoir assister à l’exposition. Toutefois, son appel rajoutait, pour toute notre équipe, une touche teintée de pensée indienne au grand métissage interculturel. Cette visite m’interpellait à enrichir davantage le sens de l’Usine pour lui donner une dimension créatrice d’événements.
Pour conclure, je dirai : « Un grand Bravo ! » aux organisatrices et aux organisateurs de 1er Salon artisanat et cultures de plaine commune d’avoir réussi à créer un monde juste, aimable, bienveillant et ensoleillé. Grâce à une démarche respectueuse de la nature, la cohésion, l’esprit d’égalité et la coopération des femmes et des hommes artistes ce petit monde est devenu enfin réel. Un monde où chacun aussi bien les exposants que les visiteurs se sentait heureux et chanceux d’être là.
Bonjour Chaâbane,
Et bravo à toi pour les bijoux et tableaux réalisés. Les visiteurs étaient séduits et curieux, intéressés par les symboles , les couleurs des motifs et ton art d'assembler grains de sable et fil de fer. Une très belle rencontre, dans ce salon, qu'il faudra renouveler, et de très beaux liens tissés entre la Kabylie et Saint-Denis.
J'ai accroché à l'Atelier ton tableau reprenant les motifs de sarcophage, qui plaît beaucoup. Il faut que nous organisions un jour une exposition de tes bijoux.
A très bientôt. Bien cordialement. Mathilde
Azul
Azul chavane je suis fier,content meme tres content de ton travail
j'espere que la reussite sera là et ce dans la production que vit et resiste la culture toute fois cette jolie production doit trouver des consomateur
Thannemirth:
http://www.soummam.org
c'est tres bien ce que vous faites malgre les blocages et l emanque de ressources...
bravo
sincerement
Amar Belarbi
A bientôt
Sylvie