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Bencherif Amirouche connu sous le nom de scène Cheikh Amirouche vient d’enregistrer son deuxième album succès 2008/2009 intitulé
« Youfkgam oufroukh ». Les six titres (1-Youfgam oufroukh 2-Winirouhen youghaled 3-Anda thel Thefrat 4-Daghyoughen 5- Cheikh Amokrane
(Hommage à cheikh El Hasnaoui) 6- Ataya Ounebdu) traitent de thématiques riches et diverses. D’emblée dans la première chanson de l’album, l’artiste
récite un poème lyrique « Asfrou » en chantonnant un « Ahiha » dont l’air est inspiré du répertoire des chants traditionnels
kabyles. Il confie avec mélancolie un amour transformé au fil du temps en une douleur monstrueuse.
Sa souffrance amère exprimée poétiquement par des métaphores puissantes laisse l’auditeur vivre des moments bouleversants. Le moins qu’on puisse
dire, c’est qu’il ne se ménage point. C’est une expérience cruelle où l’auteur nous guide dans un voyage intérieur en touchant de plus près son univers avec sensibilité et grande pudeur. Sa mandole vibre avec une touche musicale originale. C’est un style populaire apprécié par les anciennes générations et les nouvelles : le Chaâbi. Il est également intéressant de noter que
le poète qualifie son propre amour de « Teryel », personnage du conte transmis de génération en génération dans la culture kabyle. Comme l’indique si bien le titre de l’album, le poète
se sent comme un oiseau s’échappant du piège et décide dès lors de gazouiller la mélodie de son histoire authentique.
Dans le titre « Anda thel thifrat », Cheikh amirouche pose la problématique de l’avenir de la liberté d’expression et de la justice des algériens qui ont vécus des années sinistres. Son espérance est que le peuple algérien puisse retrouver enfin l’éclaircie après les mauvais temps vécu. Il souligne avec insistance et urgence de l’apport de la rébellion du peuple kabyle dans l’histoire d’Algérie est plus que jamais à prendre en compte. Il met en garde des forces du mal et obscures en ayant confiance au peuple qui peut se soulever à tout moment comme un océan furieux pour mettre fin à l’injustice. Sa chanson délivre un message dont l’objet est à ce que le peuple algérien puisse vivre dans une Algérie meilleure en fredonnant des refrains avec ferveur afin de vivre dans la liberté et dans la justice. Dans ces deux chansons Anda thel Thefrat 4-Daghyoughen, il met en avant avec une vision nationale qui nécessite l’union pour vivre le rêve de la paix. Dans les paroles la part de l’engagement du poète pour la cause berbère est essentielle car il est avant tout kabyle.
Dans la chanson «cheikh amokrane », l’auteur rend hommage à l’une des figures emblématique de la chanson algérienne : Cheikh El Hassnaoui. Revisiter ce répertoire d’une qualité mythique représente un témoignage sincère de reconnaissance et d’humilité envers une génération de maître qui ont apporté énormément à la culture algérienne. Et pourtant, souvent à l’image de cheikh El Hassnaoui, malgré la qualité de son œuvre, il décède malheureusement dans l’anonymat. La prospection de cette œuvre est manière de faire passer le relais aux futures générations en décryptant quelques secrets de l’art de Chaâbi et surtout en la sauvant des affres de l’oubli. Par ailleurs, en plus de la qualité musicale de cette chanson, ce choix est fait dans une démarche spirituelle et d’humilité envers ces maîtres anciens où on trouve à travers leurs œuvres de la sagesse comme solutions à de nombreuses problématiques actuelles.
Les thématiques abordées dans les six titres de cet album sont complémentaires. Certes le sujet n’est pas nouveau. Cependant, On se dit qu’il y a sans doute une approche constructive consistant à progresser de l’introspection de son expérience intime vers une vision d’ensemble où le chanteur pose les bonnes questions que vit le peuple algérien et apporte poétiquement des réponses lucides. Il laisse chez l’auditeur un sentiment sombre et triste dès la première chanson. Il draine l’âme pour toucher le fond par sa poésie lyrique. Et puis, d’un refrain à un autre la tristesse se dissipe au fur et mesure d’écoute des titres pour retrouver un sentiment gai et joyeux des fêtes d’été qui donne aussitôt envie de danser sur le dernier morceau. On retrouve naturellement des sensations des notes et des mots qui excitent l’ouïe agréablement, souvenir de la terre natale. N’est ce pas le pouvoir et le talent de l’artiste !
Pour conclure on ne peut que féliciter l’auteur en lui disant Chapeau bas d’avoir pu nous combler avec deux albums dans la même année. En effet, Cheikh Amirouche a réussi à surmonter aux difficultés auxquelles les artistes chanteurs sont souvent confrontées afin de mettre un produit de qualité sur le marché. II parvient honorablement à faire de cette année 2008/2009 fructueuse et créatrice. Longue vie à ces deux albums avec beaucoup de succès !
Pour visualiser le clip, cliquer sur le lien suivant:
http://www.dailymotion.com/Tamurtiw/video/12565538/
Hakim ALLOUCHE
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